Yamaha TENORI-ON (1ère partie)

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Le 4 septembre 2007, Yamaha dévoilait aux yeux du monde entier le TENORI-ON, un nouveau type d’instrument développé en collaboration avec Toshio Iwai. Impossible de passer à côté de cet événement, je me suis donc rendu sur place pour avoir une chance de poser les mains sur cet artefact du futur, et poser quelques questions à son créateur.

Londres, le 4 septembre 2007. 15h, sous-sol du disquaire Phonica Records. Des techniciens s’affairent pour préparer le show programmé en fin d’après midi. Je débarque pendant le soundcheck ; sur scène, un homme tient un drôle d’objet dans les mains, Toshio Iwai joue du TENORI-ON. La salle baigne dans un magma sonore envoutant, évoluant entre rythmiques saccadées et nappes éthérées. Aujourd’hui, Yamaha présente son dernier produit en gestation depuis plus de 4 ans. Les Anglais sont chanceux, Yamaha a choisi l’Angleterre pour tester commercialement son nouveau produit. A la fin du mois, le TENORI-ON sera exclusivement disponible dans quelques magasins anglais. Si les retours sont positifs, il pourrait (notez le conditionnel) atterir dans nos contrées.

Yamaha a disposé des bornes aux quatre coins de la salle. Le public n’étant attendu qu’aux alentours de 18 heures, ça me laisse environ 3 heures pour faire connaissance avec l’instrument et échanger quelques mots avec Toshio Iwai. Je cherche Peter Peck de Yamaha UK avec qui j’ai rendez-vous, ce dernier se propose de me faire une démonstration. En quelques minutes, il passe en revue les différentes fonctions dont certaines m’arracheront quelques exclamations de joie. Puis il me propose de passer à la pratique, me voilà enfin seul avec le TENORI-ON.

Comme un coup de foudre

Première surprise, les contours du TENORI-ON ne sont pas en plastique comme le laissaient présager les photos, mais dans une matière proche de l’aluminium. Le contact est très agréable, les finitions propres, à aucun moment je n’ai eu l’impression de tenir un gadget entre les mains. L’interface translucide est composée d’une matrice de 256 boutons. Une courte pression joue un son, une pression plus longue « fixe » la note sur la partition. Difficile de faire plus simple. Il ne me faudra pas plus de 30 minutes pour passer en revue toutes les fonctions. Sans manuel. La courbe d’apprentissage est d’une fluidité rarement atteinte. Un effort tout particulier a été apporté à l’interface, pensée pour minimiser au maximum les accès aux menus. Les fonctions principales s’obtiennent par une combinaison de deux touches. Ainsi, pour choisir un instrument, il faut tout d’abord appuyer sur L1 puis sur l’un des 256 boutons. Le TENORI-ON disposant d’une banque de 256 instruments, chaque bouton est associé à un son. Pratique. Il est important de signaler que sur les 256 sons, 3 correspondent à des banques utilisateur. Chacune peut acceuillir 16 échantillons de 0,97 secondes. Et ça c’est une excellente nouvelle ! Car cela signifie que l’on peut créer des kits rythmiques complets en ne prenant qu’un seul « espace de son ». D’ailleurs, les banques utilisateur des TENORI-ON présent sur les bornes étaient chargées avec des kits rythmiques variés.

 

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Les modes de jeux

Le coeur du TENORI-ON est composé d’un séquenceur 16 pistes. Six modes de composition sont disponibles, mais ils sont arbitrairement associés aux pistes et il n’est pas possible d’en changer. Sont disponibles le mode score (pistes 1 à 7), le mode random (pistes 8 à 11), le mode draw (pistes 12 et 13), le mode bounce (piste 14), le mode push (piste 15) et enfin le mode solo (piste 16).

Le mode score :

Le mode le plus classique, mais également l’un des plus agréables. Dans ce mode, l’axe horizontal représente une mesure de 4 temps avec une résolution de 16 pas. L’axe vertical, quant à lui , permet de choisir la hauteur de la note. Autrement dit, on est en présence d’un séquenceur classique. Après avoir choisi un instrument de son choix, on fixe quelques notes au hasard puis on appuie sur play pour écouter le résultat. En tâtonnant, on donne naissance à des mélodies et des rythmiques très naturellement. Notons qu’il est possible de doubler la résolution du séquenceur ou bien la diviser par deux ou quatre.

Le mode random :

Ce mode permet de pimenter ses prestations avec un peu de hasard. En appuyant sur un bouton, une note est jouée de manière répétitive. En appuyant sur un deuxième, une lumière voyage entre les deux notes fixées en générant un son à chaque fois qu’elle en rencontre une. En appuyant sur un troisième, la lumière modifie à nouveau son chemin. De cette manière, il est possible de créer une « suite » musicale que l’on peut de surcroît faire pivoter sur elle-même. Très intéressant.

 

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Le mode draw :

 

Ce mode transforme le TENORI-ON en « harpe ». On en joue en effleurant grossièrement la surface, le TENORI-ON mémorise les mouvements et les rejoue en boucle quelques secondes plus tard.

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Le mode bounce :

Peut-être mon mode préféré, ici il s’agit de créer des « rebonds ». En appuyant sur un bouton une lumière « tombe » et produit un son dès qu’elle arrive en bas. En fonction de la hauteur choisie, le rebond sera plus ou moins rapide. Il est possible de créer jusqu’à 16 rebonds simultanément, pour créer des boucles à la fois répétitives et évolutives.

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Le mode push :

Ce mode est particulièrement adapté aux instruments de type « nappe ». Il s’agit d’appuyer plus ou moins longtemps sur des boutons pour créer des ambiances planantes qui gagneront en intensité en fonction du temps.

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Le mode solo :

Peut-être le mode le moins intéressant du lot. Un son est joué en boucle et tenu tant que l’on reste appuyé sur un bouton, dans le cas contraire il s’arrête. La répétition peut se quantifier sur le tempo global du morceau.

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Le TENORI-ON peut mémoriser jusqu’à 16 « blocs » de 16 pistes, qu’il est bien entendu possible d’enchaîner (dans le tempo s’il vous plait) pour créer des morceaux complets. Mais attention, dans ce cas il faut le faire en temps réel car il n’existe aucun mode d’édition pour le mode song. Ce qui en pratique n’est pas gênant bien au contraire, puisque chaque prestation devient unique. Détail important, toutes les manipulations sont mémorisées, même l’utilisation de la gomme ! Tant et si bien que vos amis pourront assister à la naissance et l’évolution de vos morceaux après les avoir téléchargés dans leur propre TENORI-ON. Pour finir sachez qu’il est possible d’en synchroniser plusieurs pour improviser des concerts entre amis.

Impressions

J’avais peur de découvrir un produit simplifié à outrance pour séduire le grand public (comme c’est le cas avec les Kaosspad de Korg ), mais en définitive le TENORI-ON s’avère plutôt bien équilibré. A la fois très accessible (la prise en main est enfantine), les modes de jeu sont assez variés pour créer des compositions relativement complexes, et le séquenceur est tout à fait honorable. Certes, le TENORI-ON ne dispose d’aucun filtre ou d’effet qui permettrait de travailler les sons en profondeur, mais les 3 banques utilisateurs suffiront peut-être pour échapper à la monotonie que les 256 instruments ne manqueront pas de provoquer au bout d’un certain temps. Maintenant, ces basses considérations techniques s’envolent dès que l’on tient l’objet dans les mains. Toshio Iwai a su insuffler une âme à son instrument, et en jouer est un véritable plaisir naif. Sa présence sur scène est incroyable, sa portabilité et ses enceintes embarquées sont des atouts importants pour les amateurs de mobilité (j’imagine la tête des gens dans le métro), sans oublier la possibilité d’utiliser le séquenceur pour piloter des instruments externes via MIDI. Avec le TENORI-ON on fait immédiatement de la musique, on ne perd son temps dans un manuel, à le paramétrer ou à réviser ses notions de solfège. En vérité je ne lui vois qu’un seul gros problème, son prix. Si le TENORI-ON n’est définitivement pas un gadget, 930 euros me parait tout de même une somme très importante pour un produit de ce type, et la cible qu’il vise…

Pour finir, sur Internet le TENORI-ON est souvent comparé au Monome, mais entre nous la comparaison s’arrête à l’interface de jeu. Car si le Monome permet de faire beaucoup plus de choses, il n’est en aucun cas autonome et nécessite obligatoirement un ordinateur pour fonctionner. Sans parler des connaissances en programmation Max/MSP, Pure Data ou Reaktor indispensable pour en profiter pleinement. Pour finir il est incapable de produire un son par lui-même, ce qui élimine d’emblée toute velléité mobile. Le Monome est une surface de commandes (évoluée certe mais une surface tout de même), alors que le TENORI-ON est un véritable instrument. Deux produits bien distincts, qui ne rempliront pas les mêmes besoins.

Cyril Colom

A lire : 2ème partie, l’interview de Toshio Iwai
A suivre : 3ème partie – Les vidéos.

Toshio Iwai
Toshio Iwai @Making Sound

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Peter Peck – Yamaha UK @Making Sound

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Le flyer de la soirée.

3 Responses to “Yamaha TENORI-ON (1ère partie)”

  1. [...] intéressant pointe le bout de son nez, ça se passe mal (la soirée de lancement française du Tenori-On était [...]

  2. [...] >>> Un interview de Toshio Iwai par Making Sound Free (en français) : (Image Makingsoundfree) Partager et découvrir [...]

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