Makingsound devient partenaire de Modular Square

mai 23rd, 2011

Beaucoup de temps s’est écoulé depuis la dernière note. Du temps passé à faire de la musique bien entendu, mais aussi à approfondir des instruments et des logiciels pour vous proposer un contenu toujours plus qualitatif.

Mais ce n’est pas tout.

Voilà plusieurs années que je déplore l’absence d’une communauté française fédérée autour d’une passion commune : les synthétiseurs, les modulaires, et plus globalement la création et la manipulation des sons. De telles communautés existent sur internet mais elles sont morcelées et n’ont aucun lieu physique pour se retrouver régulièrement.

En devenant partenaire de Modular Square, j’espère contribuer à faire évoluer cette situation en investissant ce lieu pour organiser des rencontres thématiques dont le but sera d’échanger, d’écouter, de créer, et d’enrichir nos connaissances.

Deux premiers rendez-vous sont dors et déjà planifiés :

- Le premier aura lieu le samedi 4 juin dans les locaux de Modular Square (6 rue Marceau – Ivry-sur-Seine), avec comme thème “Intégration des synthétiseurs modulaires dans un environnement numérique avec les modules Eobody3 MODULAR d’Eowave”. Cette rencontre sera l’opportunité de découvrir et d’essayer en exclusivité la gamme “next-gen” de modules eurorack signés Eowave. Des modules qui remettent au goût du jour les systèmes modulaires traditionnels en créant un pont entre le passé et le présent.

- Le deuxième rendez-vous aura lieu le samedi 2 juillet (au même endroit) et sera destiné cette fois-ci aux débutants et aux curieux qui désirent découvrir le monde fascinant (mais obscur) des synthétiseurs modulaires : initiations, démonstrations, conseils, et pleins d’autres surprises.

Pour plus d’informations sur ces évènements, vous pouvez désormais me joindre à cette adresse : cyril (at ) modularsquare.com

Et Makingsound dans tout ça ?

Ce blog reste actif, même si dans un premier temps je réserverais mon contenu pour les flux sociaux de Modular Square. Les deux principaux étant le compte twitter, pour suivre toute l’actualité de la communauté et des sujets qui nous animent, ainsi que la traditionnelle page Facebook.

Je compte sur vous pour faire passer le message car plus on sera nombreux, plus nous pourront organiser des rencontres. En attendant, rendez-vous le 4 juin chez Modular Square !

Midi Fighter : un profil Traktor à télécharger

décembre 1st, 2010

Si vous suivez Makingsound, et plus particulièrement son flux Youtube, peut-être vous souvenez-vous de ce « teaser » publiée il y a quelques mois. Il est désormais temps de vous en dire un peu plus.

Le Midi Fighter est un contrôleur midi USB développée par Ean Golden, de DJ TechTools. Si vous mixez digital, il y a de fortes chances que vous connaissiez déjà son site, dans le cas contraire ne passez pas à côté de cette excellente ressource.

Un kit élégant et bien pensé

Le Midi Fighter s’achète en kit, et ne nécessite aucune connaissance préalable pour être monté. Nul besoin de fer à souder, il suffit de suivre la vidéo explicative pour en venir à bout en une quinzaine de minutes. C’est véritablement à la portée de n’importe qui.

Un contrôleur midi de plus ?

Le marché des contrôleurs midi est saturé, quelle est donc l’originalité du Midi Fighter ? Des boutons de la marque Japonaise Sanwa. Les amateurs de jeux vidéo les connaissent bien puisqu’on les retrouve sur tout un tas de périphériques de jeu. Leur présence sur un contrôleur midi est particulièrement pertinente car leur course, très courte, permet d’activer des évènements midi avec une précision et une vitesse redoutables. De quoi combler les amateurs de beat juggling chirurgicaux déçus par les sensations molles renvoyées par la plupart des boutons « gomme » classiques. Le feedback tactile des boutons Sanwa est imbattable pour toutes les applications de type MPC, ou plus simplement pour piloter un logiciel qui demande du répondant.

Très simple à configurer

En dehors de ces boutons, le Midi Fighter est un contrôleur midi tout à fait classique. Dès lors que votre logiciel possède une fonction « midi learn », assigner chaque bouton du Midi Fighter aux paramètres de votre choix est un jeu d’enfant. Chaque bouton dispose d’une LED qui s’illumine quand on le presse (désactivable). Il est possible d’en prendre le contrôle en lui envoyant des messages midi spécifiques.

Un profil Traktor Pro à télécharger

C’est donc l’occasion de partager avec vous le profil Traktor Pro développé en fonction de mes besoins. Libre à vous de le télécharger et de l’adapter en fonction des votres.

L’idée de départ consiste à offrir un accès simple et rapide aux 4 platines, tout en évitant d’utiliser la souris. Quelques pré-requis sont nécessaires avant de l’importer dans Traktor :

- J’utilise une table de mixage externe. Si ce n’est pas votre cas, vous aurez besoin d’un second contrôleur midi pour piloter toute la section mixage (EQ, volume, pré-écoute…). Pourquoi pas un nanoKONTROL ?
- Ce profil paramètre automatiquement un delay en FX4, n’oubliez donc pas de sauvegarder vos réglages avant d’importer ce profil.
- Pour éviter de charger par erreur un morceau sur une platine active, je vous invite à  activer la fonction « Loading only into stopped deck » qui se trouve dans Paramètres>Loading.

Pour faciliter la description de ce profil, je nomme (1.1) le premier bouton de la première rangée, (1.4) le 4ième bouton de la première rangée, (2.3) le 3ième bouton de la 2ième rangée, etc. Ce qui donne ceci :

Vu de dessus
O-O-O-O    =>    (1.1) – (1.2) – (1.3) – (1.4)
O-O-O-O    =>    (2.1) – (2.2) – (2.3) – (2.4)
O-O-O-O    =>    (3.1) – (3.2) – (3.3) – (3.4)
O-O-O-O    =>    (4.1) – (4.2) – (4.3) – (4.4)

Fonction de chaque bouton :

(1.1) = Go to hotcue 5
(1.2) = Go to hotcue 6
(1.3) = Go to hotcue 7
(1.4) = Go to hotcue 8

(2.1) = Bouton rouge qui sert de switch, j’utiliserai désormais “R”.
(2.2) = SYNC
(2.3) = TEMPO BEND DOWN
(2.4) = TEMPO BEND UP

(3.1) = PLAY/PAUSE
(3.2) = CUE
(3.3) = TRACK REWIND
(3.4) = TRACK FORWARD

(4.1) = Select DECK A
(4.2) = Select DECK B
(4.3) = Select DECK C
(4.4) = Select DECK D

Pour les combinaisons, voir plus bas.

FAQ / Description du workflow :

Comment importer ce profil dans Traktor ?

- Vérifiez que vous avez bien la dernière version de Traktor
- Ouvrez la page des paramètres
- Cliquez sur l’onglet « Controller Manager »
- En bas cliquez sur « Import » puis indiquez lui le profil
- N’oubliez pas de lui indiquer les bons port midi.

Comment se déplacer dans les répertoires ?

- Maintenez la pression sur (4.1) + R,  puis tapotez (2.4) pour descendre.
- Maintenez la pression sur (4.1) + R,  puis tapotez (2.3) pour monter.

Comment se déplacer dans les morceaux ?

- Maintenez la pression sur R, puis tapotez (2.4) pour descendre
- Maintenez la pression sur R, puis tapotez (2.3) pour monter

Comment charger un morceau sur une platine ?

Une fois le morceau désiré en surimpression :
- Maintenez la pression sur R, puis (4.1) pour le charger sur la platine A
- Maintenez la pression sur R, puis (4.2) pour le charger sur la platine B
- Maintenez la pression sur R, puis (4.3) pour le charger sur la platine C
- Maintenez la pression sur R, puis (4.4) pour le charger sur la platine D

Comment jouer un morceau ?

Après avoir sélectionné la platine désirée en appuyant une fois sur (4.1), (4.2), (4.3) ou (4.4), appuyez sur (3.1)

Comment synchroniser un morceau sur le BPM d’un autre ?

- Vérifiez que la platine donc vous désirer copier le BPM soit bien sur « MASTER »
- Sélectionnez la platine que vous désirez synchroniser avec (4.1), (4.2), (4.3), ou (4.4)
- Appuyez sur (2.2) pour activer la synchronisation.

Note : la synchronisation ne fonctionnera que si le morceau à été analysé

Comment assigner des points CUE en temps réel ?

Dans Traktor Pro, 8 points CUE peuvent être assignés par morceaux. Comme les 4 premiers sont généralement réservés aux points CUE importants (Grid et Load principalement), et qu’ils n’ont pas pour vocation d’être changé, j’ai volontairement choisi d’utiliser les 4 derniers points CUE, à savoir 5, 6, 7 et 8

- Commencez par sélectionner la platine de votre choix avec (4.1), (4.2), (4.3) ou (4.4)
- Si vous morceaux contiennent déjà des points CUE, vous retrouverez les n°5 à 8 automatiquement assignés aux boutons (1.1), (1.2), (1.3), et (1.4). Chaque pression sur l’un d’eux redémarre le morceau à cette position.
- Si ce n’est pas le cas, pendant la lecture d’un morceau (ou bien à l’arrêt pour plus de précision) :
- Appuyez sur (1.1) pour assigner le point CUE n°5
- Appuyez sur (1.2) pour le n°6 (qui n’est pas un numéro)
- Appuyez sur (1.3) pour le n°7
- Appuyez sur (1.4) pour le n°8

Comment effacer des points CUE en temps réel ?

Attention ! Si vous avez déjà assigné les points CUE 5 à 8 sur vos morceaux, cette manipulation va les effacer !
- Maintenez la pression sur R, puis appuyez sur le point CUE désiré.

Par exemple R+(1.3) pour effacer le point CUE n° 7.

Comment créer une boucle en temps réel ?

- Choisissez la platine de votre choix avec (4.1), (4.2), (4.3) ou (4.4)
- Au moment désiré :
- Maintenez R, puis (3.1) pour créer une boucle de 1 mesure
- Maintenez R, puis (3.2) pour créer une boucle de 2 mesure
- Maintenez R, puis (3.3) pour créer une boucle de 8 mesures
- Maintenez R, puis (3.4) pour créer une boucle de 16 mesures
- Pour sortir de la boucle, refaites la même séquence

Note : libre à vous de modifier les mesures à votre convenance

Comment activer/désactiver l’effet n°4 sur chaque platine ?

J’utilise un delay assigné au FX n°4 pour accentuer l’intensité émotionnelle d’une « montée » ou adoucir une transition. En fonction des cas, j’ai besoin que l’effet soit actif sur toutes les platines, ou bien uniquement sur quelques unes. Pour activer/désactiver l’effet sur les platines, c’est encore une fois le bouton (4.1) qui va jouer le rôle du « switch » :

- Maintenez la pression sur (4.1), puis (3.2) = FX4 on/off
- Maintenez la pression sur (4.1), puis (3.3) = FX4 Feedback on/off
- Maintenez la pression sur (4.1), puis (1.1) = FX4 actif/ou pas sur la platine A
- Maintenez la pression sur (4.1), puis (1.2) = FX4 actif/ou pas sur la platine B
- Maintenez la pression sur (4.1), puis (1.3) = FX4 actif/ou pas sur la platine C
- Maintenez la pression sur (4.1), puis (1.4) = FX4 actif/ou pas sur la platine D

Comment alterner entre la vue browser et la vue platine ?

Maintenez R puis appuyez une fois sur (2.2). Appuyez une seconde fois pour revenir à la vue précédente.

Concrètement voilà ce que ça donne.

Pour approfondir :

- Le profil Traktor Pro de Makingsound
- DJ TechTools : http://www.djtechtools.com
- Midi Fighter : http://www.midifighter.com

Photos @Cyril Colom

Live Beats Series : Ableton et Novation viennent finalement en France !

novembre 7th, 2010

Live Beat Series

Il y a quelques mois de cela, Novation annonçait une tournée européenne pour les Live Beats Series, un événement qui propose aux amateurs de Live de venir découvrir et échanger des astuces pour mieux composer avec ce logiciel, et bien entendu, comment utiliser au mieux le fantastique couple Live + Launchpad. Bref, une excellente opportunité pour progresser dans sa pratique et faire des rencontres intéressantes.

Mais problème, aucune date française au programme ! Pour quelle raison ? D’après Thavius Beck, musicien et démonstrateur officiel de l’événement, ce n’était pas l’envie qui leur manquait, mais les distributeurs français les en avaient découragés, en prétextant que ce genre d’événement « ne fonctionne pas très bien en France ».

Et vous savez quoi ? Je pense qu’ils ont malheureusement raison.

Pour une raison qui m’échappe, la France est en train de perdre du terrain dans le domaine de la production musicale. Plus rien d’envergure ne s’organise, il n’y a plus de salon spécialisé digne de ce nom, les communautés d’utilisateurs ne se rencontrent que sur internet, et quand un événement intéressant pointe le bout de son nez, ça se passe mal (la soirée de lancement française du Tenori-On était lamentable).

Où sont les Français ? Où sont les passionnés de musiques électroniques ?

Si vous pensez faire partie de cette communauté, alors c’est le moment de répondre présent, car Novation vient de m’annoncer qu’il y aura finalement une date française !

Ça se passera le 22 novembre 2010, à 19h00, au S.A.E Institute d’Aubervilliers (région parisienne)  :

- Lieu :  S.A.E Institute – (Twitter)
- Adresse : 45 Avenue Victor Hugo, 93300 Aubervilliers
- Inscription (gratuite) : http://www.novationmusic.com/livebeats

Cet événement sera également l’occasion de découvrir l’UltraNova, le nouveau synthétiseur de Novation.

Si vous voulez que les choses bougent alors faites passer le message (vous pouvez également RT la news via le compte twitter de @Makingsound), et rendez-vous le 22 novembre !

Pour ceux qui hésiteraient encore, voici quelques vidéos des précédentes éditions.

Five G : le paradis des synthétiseurs, l’enfer des comptes en banque

octobre 9th, 2010

Si vous avez l’occasion d’aller au Japon, et plus particulièrement à Tokyo, prenez quelques heures pour visiter le quartier d’Harajuku.

A la sortie de la station du même nom, traversez tout simplement la rue et cherchez l’immeuble « Le Ponte ». Montez au 4ème étage, tournez à droite en sortant de l’ascenseur, et bienvenue au paradis.

Five G est sans aucun doute l’un des magasins les plus impressionnant au monde pour tous les amateurs de synthétiseurs. Les prix n’y sont pas forcément très intéressants (sans oublier le format des alimentations), mais avouez que l’on ne voit pas ça tous les jours…

Petit trombinoscope des personnalités que vous risquez d’y croiser.

Five G :
Le Ponte Bldg. 4F,1-14-2 Jingumae, Shibuya-ku, Tokyo
http://www.fiveg.net/

Yamaha FS1R : chronique d’un suicide commercial et de la renaissance d’un phoenix

septembre 13th, 2010

Le FS1R est un instrument particulier dans l’histoire des synthétiseurs, car on peut le considérer comme le baroud d’honneur de Yamaha dans le domaine de la synthèse FM. En 2010, un particulier Français lui offre une seconde vie grâce à un nouvel éditeur. Retour sur une histoire passionnante et mouvementée.

En 1998, après avoir vendu durant plus d’une décennie des instruments exploitant le principe découvert par John Chowning dans les années 60, Yamaha décide qu’il est temps de passer à autre chose, et dévoile un dernier instrument censé concentrer tout son savoir-faire dans ce domaine.

Techniquement, le FS1R est un monstre. Non seulement Il propose tout ce dont les amateurs de FM pouvaient rêver, mais il propose également d’explorer les contrées mystérieuses des formants. A tel point qu’il est toujours considéré aujourd’hui comme l’un des synthétiseurs FM les plus puissants au monde. En annonçant une rétro compatibilité avec le DX7 (le premier synthétiseur à avoir véritablement démocratisé la synthèse FM), Yamaha lui assure dès sa sortie une quantité astronomique de banques de sons disponibles et gratuites. Sur le papier, le FS1R est donc bien parti pour faire un carton.

Yamaha DX7

Yamaha DX7 - Le synthétiseur qui démocratisa la synthèse FM, malgré une interface homme machine exécrable.

FS1R de famille…

Mais contre toute attente, et malgré plus de 10 ans d’expérience dans ce domaine, non seulement les ingénieurs de Yamaha ne tiendront pas compte des nombreux retours négatifs au sujet de l’exécrable ergonomie du DX7, mais ils feront bien pire. Le FS1R est proposé sous la forme d’un rack, et dispose d’une interface homme/machine minimale. Pas d’éditeur, seulement 4 potentiomètres, et une poignée de boutons pour accéder aux 2000 paramètres de la machine. Un véritable cauchemar pour les utilisateurs, un authentique suicide commercial pour Yamaha.

La carte mère principale du FS1R

Malgré les critiques dithyrambiques au sujet de son moteur audio, le FS1R sera un échec commercial et Yamaha décidera d’en stopper la production seulement deux ans après sa sortie. Dès lors il suivra la destinée classique d’un synthétiseur à la dérive : les magasins le bradent, sa côte d’occasion dégringole.

Une seconde chance

L’histoire aurait pu s’arrêter là si les caractéristiques spécifiques du FS1R n’en faisaient pas un monstre en puissance. Tout ce dont il avait besoin, c’était d’une interface digne de ce nom, une lacune qu’une poignée d’amateurs éclairés tenteront de combler au fil des années. Le 28 octobre 2008, un certain “ZeeByeZon” publie sur le forum d’Audiofanzine le message suivant :

“Je trouve que l’éditeur FS1R editor est un peu insuffisant compte tenu de la complexité de la bête. Aussi j’ai bien envie d’en développer un nouveau. Je suis donc ouvert à toutes les suggestions en ce qui concerne les caractéristiques que vous souhaiteriez y voir figurer.”

Tout ceux qui ont eu un jour l’opportunité de travailler sur cette machine (et accessoirement de parcourir sa documentation) sont en mesure d’imaginer ce que ce projet implique comme courage et abnégation. Et vous savez quoi ? Il l’a fait. Il faudra attendre deux ans pour qu’une première version soit publiée, mais le 14 juin 2010, le FS1R renaît officiellement de ses cendres. 12 ans après sa naissance, un particulier lui offre enfin un environnement de qualité propice à son exploration. Au regard du potentiel latent, le FS1R mérite d’apparaître à nouveau sur le radar des amateurs de synthétiseurs originaux et puissants. Mais le meilleur est à venir, car ZeeByeZon (de son vrai prénom David) ne compte pas s’arrêter en si bon chemin.

Dépasser les limites

Cette première version n’est qu’une étape d’un projet beaucoup plus ambitieux. Car si David souhaite dans un premier temps fournir un éditeur fonctionnel, il désire également proposer des fonctions inédites qui n’existent pas sur la machine. Une compatibilité VST est à l’étude, tout comme la possibilité d’éditer les séquences de formants (une mine d’or sous explorée). Mais la fonction la plus ambitieuse est sans nul doute un mode d’édition supplémentaire…

Ce mode consisterait à prendre le contre pied de l’interface actuelle en proposant une approche modulaire. Plutôt que de noyer l’utilisateur sous des pages de paramètres, il s’agirait de partir d’une page blanche, et de ne faire apparaître que les éléments dont l’utilisateur à besoin (et dont il fait la demande explicite). Bien entendu, toutes les configurations ne seront pas possibles, car le système devra obligatoirement choisir l’un des 88 algorithmes du FS1R, mais chaque étape modifiera la structure interne du patch de manière transparente, sans que l’utilisateur n’ait besoin d’y penser. Moins de temps passé dans l’éditeur, c’est plus de temps à faire de la musique.

A la découverte de ZeeEdit

David est un ingénieur informaticien de 34 ans. Publier la première version de ZeeEdit lui a demandé l’équivalent de 128 jours de travail à temps complet. Il a beaucoup hésité avant d’opter pour une licence payante (42 euros), mais il estime qu’à terme, son logiciel offrira beaucoup plus qu’un simple éditeur.

ZeeEdit : la page d'une des voix, tout tient dans une fenêtre

En l’état, et bien qu’il ne s’agisse que d’une première version, ZeeEdit est déjà loin d’un logiciel amateur. L’interface graphique est réussie et pensée pour minimiser les sous-menus. Elle se se divise en 6 sections : une pour les options, une pour les performances, et une pour chacune des 4 voix. Des raccourcis clavier permettent de passer d’une section à l’autre sans jamais interrompre le flow de production, une réussite. Seul petit bémol, il n’est pas encore possible d’agrandir la fenêtre pour profiter de toute la surface d’un écran de bureau, mais c’est en réflexion. En revanche, il est possible de zoomer sur les enveloppes pour en affiner les réglages plus facilement.

ZeeEdit : la page dédiée aux paramètres des performances

Les principales fonctions que l’on attend d’un éditeur répondent présent : le undo (illimité), ainsi que le copier/coller, particulièrement bien intégré ici puisqu’il suffit de passer la souris sur un paramètre pour le sélectionner (sans cliquer donc). Malin. Autre petit détail intéressant, la molette de la souris peut être utilisée pour modifier la valeur d’un paramètre. C’est pourquoi je conseille à tous les amateurs de se munir d’une souris de type Logitech MX, dont la molette possède la particularité de fonctionner en roue libre : plus d’effet « cranté », une simple pichenette du doigt permet de parcourir toute la plage d’un paramètre en un clin d’oeil. Idéal pour le live.

Je finirai par évoquer la fonction star, celle qui va probablement révolutionner l’utilisation du FS1R : le midi learn. Si en soi cette fonction n’a rien de révolutionnaire, pouvoir enfin l’appliquer au FS1R est une bénédiction. Désormais, quelques minutes suffisent pour lui assigner la totalité d’un contrôleur midi, et rendre ainsi tangible un instrument qui jusqu’ici paraissait bien abstrait. Bien que cette fonction ne soit pas encore tout à fait stable (un flux important de données midi semble faire planter l’éditeur), il suffit de passer quelques heures avec le FS1R pour prendre conscience de l’énorme potentiel qui s’ouvre désormais aux utilisateurs qui n’avaient jamais eu le courage de dépasser la barrière de son interface physique.

Pour conclure

Avec ZeeEdit, le FS1R devient véritablement accessible. Si vous êtes du genre à aimer passer du temps sur un synthétiseur, et que vous êtes à la recherche d’un instrument assez profond pour vous offrir des années de sound design, alors je ne saurais trop vous conseiller d’en chercher un tout de suite, car je ne serais pas étonné si à la suite de cet évènement, sa cote se mettait soudainement à augmenter. Pour référence, sachez qu’à l’heure où j’écris ces lignes un FS1R se négocie autour des 400 euros.

Yamaha FS1R : un synthétiseur dédié à la synthèse FM et aux formants

Pour aller plus loin :

- La page officielle du FS1R chez Yamaha
- Le manuel du FS1R en Français
- Le test du FS1R via Sound on Sound
- Les presets du FS1R, en vidéo/audio
- Le site internet de ZeeEdit, l’éditeur de référence
- FS1R Editor : l’alternative gratuite moins ergonomique et limitée (mais gratuite donc)
- La page wikipedia de John Chowning
- Une excellente introduction à la synthèse FM via Sonic State